Le mot du Maire

• à l'heure des changements d'échelle

     L’année 2017 peut être, à juste raison, considérée comme une année-tournant dans l’histoire de notre commune. En effet, cette dernière a perdu, au 1er janvier, de très importantes compétences au profit de la communauté de communes Coutances Mer et Bocage, tout particulièrement en matière scolaire. Dorénavant, le RPI Blainville-sur-mer/Saint-Malo-de-la-Lande est communautaire. Les locaux, le personnel des classes et de la garderie, sont mis à disposition de la communauté de communes. Il en va de même pour l’office de tourisme, la zone conchylicole, la zone commerciale. D’importants transferts de moyens financiers de la commune vers la communauté de communes accompagnent la grande mutation. Il est encore trop tôt pour en mesurer exactement l’impact. Normalement, de substantielles économies d’échelles doivent être réalisées. Dans l’attente d’en connaître l’éventuel montant à la fin de l’exercice budgétaire 2017 et d’en répercuter les effets sur les contributions fiscales des ménages et des entreprises, sous la forme promise de baisses, il convient de tendre vers des moyennes identiques au niveau d’une vaste structure comptant 64 communes, 49 100 habitants, 450 agents et un budget de 48 millions d’euros. Les années à venir obligeront à de nouvelles remises en cause de perspectives, d’ambitions, de services, de moyens. Il nous faudra probablement, au niveau communal, non seulement nous regrouper avec Saint-Malo-de-la-Lande, mais également avec Agon-Coutainville. Je sais que cette perspective est loin d’être largement partagée. Mais elle est, me semble-t-il, inéluctable et souhaitable.

    En attendant, notre commune continue de se développer. Le conseil municipal poursuit, sans tambours ni trompettes, sa politique d’encouragement à la diversification économique engagée avec la création du camping de la Melette au milieu des années 1970, l’aménagement de la zone conchylicole de Gonneville dans les années 1980, la zone commerciale et artisanale des Landelles dans la seconde moitié des années 1990. Plusieurs entreprises, installées ces derniers temps, permettent de maintenir un taux d’activité économique communal relativement élevé. Les tableaux statistiques, publiés dans les pages suivantes, montrent une augmentation continue de la population et des bases fiscales. Pour le compte de l’année 2017, le conseil municipal a décidé de compenser la hausse de la fiscalité communautaire par une baisse de la fiscalité communale en prenant appui sur les taux d’imposition et en veillant à ce que, au total, ces taux soient les mêmes pour les contribuables blainvillais en 2017 par rapport à 2016. En 2016, les taux de la communauté de communes  de  Saint-Malo-de-la-Lande s’élevaient à 7.41 % pour la taxe d’habitation, 6.41 % pour la taxe sur le foncier bâti, 17.49% pour la taxe sur le foncier non bâti. En 2017, les taux de la communauté de communes de Coutances Mer et Bocage sont respectivement de 8.88 %, 8.43 % et 17.66 %. Aussi, entre 2016 et 2017, les taux communaux vont-ils diminuer de 10.96 % à 9.49 % pour la taxe d’habitation, de 8.43 % à 6.35 % pour le foncier bâti et de 17.66 % à 13.90 % pour le foncier non bâti. Dans le même temps, la commune perd la cotisation foncière des entreprises. Le total de ces pertes de recettes pour la commune s’élève à 102 623 €. Normalement, en 2017, la communauté de communes Coutances Mer et Bocage versera à la commune une compensation d’un même montant. Celui-ci sera reconduit à la même hauteur par la suite ; ce qui pénalisera les communes en développement comme la nôtre. Aussi avons-nous suggéré au président de la communauté de communes d’envisager des révisions du montant des compensations, tous les trois ans par exemple.

    Au programme des grands chantiers de 2017 figure la reprise de l’aménagement du centre bourg, commencé en 1997, avec la refonte de la rue de l’église, de la rue Aubain, de la place de la Marine, et quatre priorités : la sécurisation, l’adaptation au handicap, la sauvegarde des activités commerciales et la végétalisation. Le projet sera présenté en réunion publique cet été. La cantine scolaire, le parking scolaire et le plateau sportif scolaire devraient être réalisés en 2018. Les propositions du conseil municipal sur ces deux projets scolaires seront débattues en conseil de la communauté de communes de Coutances Mer et Bocage à l’automne prochain. Les études architecturales sont en cours. La construction d’une salle polyvalente de taille adaptée aux besoins communaux et communautaires va donner lieu prochainement à  un concours d’architecte. Son nouvel emplacement implique un déplacement du dispositif d’éclairage du stade.

    Les travaux de refonte de la voirie communale continuent : chemin de la Viaurie, chemin de la Hurie, antenne de la Hervuerie. Reste à rappeler que sur ces routes comme sur toutes les autres, y compris celles desservant les lotissements, les limitations de vitesse réglementaires doivent être strictement respectées. La sécurité de tous et de chacun est en jeu. Il est, en effet, impossible de poser partout des panneaux limitant la vitesse à 30 km/h ou des ralentisseurs. Le « savoir vivre ensemble » implique aussi le respect de la réglementation en matière de bruits, de divagation et d’aboiements intempestifs de chiens, de brûlage de végétaux à moins de 200 mètres des habitations. Le bon voisinage en dépend.

    S’agissant de la défense contre la mer, qui sera une compétence communautaire à partir du 1er janvier 2018, une protection du cordon dunaire, à l‘aide de pieux hydrauliques, au sud de la cale de Blainville-sur-mer, ainsi qu’au sud de la cale de Gonneville, sera tentée cette année. Cette opération, menée en partenariat avec la commune d’Agon-Coutainville, sera financée par l’État pour moitié, l’autre moitié étant à la charge des deux communes. Espérons que les nombreuses études en cours et à venir permettront de trancher utilement entre les tactiques de défense frontale et la stratégie du repli.

    Au quotidien, le conseil municipal reste tout particulièrement attentif aux demandes de celles et ceux éprouvant des difficultés pour travailler, se loger, se nourrir. Il leur apportera les aides relevant de ses compétences et les accompagnera, si nécessaire, dans leurs démarches auprès des autres collectivités ou services de l’Etat en charge des problèmes rencontrés.

                                            Michel BOIVIN